Un ami vous recommande « son conseiller ». Une annonce promet un « gestionnaire indépendant ». Avant de confier un seul franc ou de signer un mandat, une vérification de cinq minutes vous protège : la personne a-t-elle le droit d'exercer en Suisse ? Voici où regarder, et quelles questions poser ensuite.
Ce que dit la loi : le registre des conseillers
Depuis l'entrée en vigueur de la loi sur les services financiers (LSFin), les conseillers à la clientèle doivent être inscrits dans un registre des conseillers avant d'exercer (art. 28 LSFin). L'exception principale concerne les conseillers employés par un établissement surveillé par la FINMA (banque, gestionnaire de fortune autorisé…) : c'est alors l'établissement qui est autorisé, et c'est lui que vous vérifiez.
Le registre n'est pas tenu par la FINMA elle-même, mais par des organes d'enregistrement qu'elle agrée. Selon la liste publiée par la FINMA le 26 octobre 2026, il y en a trois : l'ARIF, BX Swiss (via regservices) et PolyReg (FINMA, liste des organes d'enregistrement).
Conseiller, gestionnaire, banque : qui fait quoi ?
Les titres se ressemblent, mais ils ne recouvrent pas la même activité, ni la même surveillance :
- Le conseiller en placement vous recommande des placements ; c'est vous qui décidez et qui passez les ordres. S'il ne travaille pas pour un établissement surveillé, il doit figurer au registre des conseillers.
- Le gestionnaire de fortune décide à votre place, dans le cadre d'un mandat écrit. Il a besoin d'une autorisation de la FINMA : vérifiez-le dans la liste des établissements autorisés.
- La banque garde vos titres et votre argent. Elle peut aussi conseiller ou gérer, par ses propres employés, sous sa licence bancaire.
Retenez la logique : plus la personne a de pouvoir sur votre argent, plus la surveillance exigée est forte. Un conseiller qui vous demande une procuration sur votre compte ou un virement vers sa société sort du simple conseil : posez immédiatement la question de son autorisation.
Dans tous les cas, gardez une trace écrite : le nom exact de la société, son adresse, l'organe d'enregistrement ou l'autorisation FINMA mentionnés, et les conditions de rémunération. Ces informations vous seront utiles si vous devez un jour faire valoir vos droits.
Étape 1 : chercher le nom dans les registres publics
Munissez-vous du nom exact du conseiller et de sa société, puis consultez :
- le registre des conseillers de l'ARIF ;
- la recherche dans le registre de regservices (BX Swiss) ;
- le registre de PolyReg.
L'inscription n'est pas gratuite pour le conseiller : chez BX Swiss, elle coûte CHF 840 pour 24 mois (FAQ regservices). Pour être inscrit, le conseiller doit notamment prouver ses connaissances professionnelles et des règles de comportement de la LSFin (art. 6 LSFin) et disposer d'une assurance responsabilité civile professionnelle (art. 32 OSFin), selon la même FAQ. L'inscription doit être renouvelée tous les 24 mois. Un professionnel inscrit vous donnera sans difficulté le nom de son organe d'enregistrement.
Étape 2 : s'il travaille pour une banque ou un gestionnaire, vérifier l'établissement
Si le conseiller se présente comme employé d'une banque, d'un négociant ou d'un gestionnaire de fortune, cherchez la société dans la liste des établissements et personnes autorisés de la FINMA. Vérifiez que le nom, l'adresse et le site internet correspondent exactement à ceux qu'on vous a donnés : des imitations de sociétés connues existent. En cas de doute, appelez la société au numéro que vous aurez trouvé vous-même sur son site officiel, pas à celui qu'on vous a transmis.
Étape 3 : les signaux qui doivent vous arrêter
- Introuvable partout : ni au registre, ni comme employé d'un établissement autorisé.
- Promesse de rendement élevé, « garanti » ou « sans risque ». Aucun placement en bourse n'offre cela.
- Urgence : « l'offre se termine ce soir », « il faut virer aujourd'hui ».
- Virement sur un compte personnel ou à l'étranger, au lieu d'un dépôt à votre nom dans une banque.
- Refus de dire comment il est payé.
Étape 4 : les questions à poser au premier rendez-vous
- Comment êtes-vous rémunéré ? Honoraires fixes, pourcentage de l'avoir géré, commissions sur les produits vendus : chaque modèle crée des incitations différentes.
- Où seront déposés mes titres ? Ils doivent l'être à votre nom, auprès d'une banque. Les titres en dépôt restent votre propriété et vous sont restitués en cas de faillite de la banque ; les liquidités sont garanties jusqu'à CHF 100'000 par client et par banque (esisuisse).
- Quel est le coût total par an, en francs ? Gestion, garde, frais des fonds, courtage, TVA. Comparez-le aux tarifs officiels de notre comparaison robo-advisor et mandat bancaire.
- Comment allez-vous tenir compte de ma situation ? Un vrai conseil personnalisé part de votre horizon, de votre réserve, de vos dettes et de votre tolérance aux baisses, pas d'un produit à placer.
Arriver préparé fait gagner du temps (et de l'argent)
Un conseiller facture souvent son temps. Arriver en sachant déjà votre type d'investisseur, votre niveau de risque et ce que vous payez aujourd'hui rend le premier rendez-vous beaucoup plus utile. C'est exactement ce que produit le test MonInvestissement, en trois minutes et sans inscription.
Et si vous préférez être mis en relation directement, la page Parler à un conseiller transmet votre demande, avec votre accord, à un seul conseiller dont nous avons vérifié l'inscription dans un registre public ou le rattachement à un établissement surveillé par la FINMA. Le conseiller peut nous rémunérer pour cette mise en relation ; pour vous, elle est gratuite et sans engagement.
Information générale. MonInvestissement n'est pas inscrit comme conseiller à la clientèle et ne donne pas de conseil en placement personnalisé. Registres et liste FINMA consultés le 5 novembre 2026.
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Sources consultées
- LSFin, art. 28 à 30 (registre des conseillers)
- FINMA – Organes d'enregistrement agréés (liste du 26.10.2026)
- FINMA – Établissements et personnes autorisés
- ARIF – Registre des conseillers
- regservices (BX Swiss) – Recherche dans le registre des conseillers
- regservices – FAQ (coût de l'inscription)
- PolyReg – Registre des conseillers
- esisuisse – Garantie des dépôts