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Impôt sur la fortune en Suisse romande : ce que coûte un portefeuille

Mis à jour le 05.11.2026 · 6 min de lecture · Information générale, pas un conseil personnalisé

Quand on commence à investir en Suisse, on pense aux frais et au rendement. On oublie souvent un troisième poste : l'impôt sur la fortune. Il est discret, il revient chaque année, et il touche toute votre épargne, qu'elle dorme sur un compte ou qu'elle soit placée en bourse. Voici comment il fonctionne en Suisse romande, et ce qu'il représente vraiment pour un portefeuille.

Qui prélève l'impôt sur la fortune ?

La Confédération n'impose pas la fortune des personnes physiques. En revanche, tous les cantons et leurs communes prélèvent un impôt sur la fortune (AFC, Impôt sur la fortune des personnes physiques). Chaque canton fixe son barème, ses déductions et son seuil d'exonération ; la commune ajoute sa propre part. C'est pourquoi deux personnes avec la même fortune ne paient pas la même chose à Genève, à Lausanne ou à Delémont.

L'impôt porte sur la fortune nette : ce que vous possédez (comptes, titres, immeubles…), moins vos dettes. Le canton de Vaud décrit ces éléments sur sa page consacrée à l'impôt sur la fortune.

Vos placements font partie de votre fortune

Actions, ETF, fonds, obligations : tout ce qui est dans votre dépôt de titres se déclare, avec les revenus encaissés dans l'année. C'est le même formulaire qui sert à récupérer l'impôt anticipé de 35 % prélevé sur les intérêts et dividendes de débiteurs suisses : il est remboursé aux personnes domiciliées en Suisse qui déclarent correctement ces revenus et la fortune qui les a produits (AFC, impôt anticipé).

Bonne nouvelle en revanche pour l'investisseur privé : les gains en capital réalisés lors de la vente d'éléments de la fortune privée sont exonérés (art. 16 al. 3 LIFD), sauf commerce professionnel de titres. Vous ne payez donc pas d'impôt sur la plus-value elle-même, mais la valeur plus élevée de votre portefeuille augmente votre fortune imposable l'année suivante. Pour le détail, lisez notre guide sur la fiscalité des placements privés.

Combien dans chaque canton romand ?

L'AFC publie chaque année la charge fiscale dans les chefs-lieux (AFC, charge fiscale en Suisse). Pour un couple marié sans enfant avec CHF 1'000'000 de fortune nette, la charge cantonale, communale et paroissiale sur la fortune était, en 2024 :

Chef-lieuCharge en % de la fortuneSoit, sur CHF 1'000'000
Delémont (JU)0,38 %env. CHF 3'800
Genève (GE)0,48 %env. CHF 4'800
Sion (VS)0,50 %env. CHF 5'000
Fribourg (FR)0,54 %env. CHF 5'400
Lausanne (VD)0,64 %env. CHF 6'400
Neuchâtel (NE)0,68 %env. CHF 6'800

Source : calcul de l'AFC pour 2024, repris par advisor-index. Montants arrondis, à titre d'ordre de grandeur.

Attention à ne pas appliquer ces taux tels quels à une fortune plus petite : les barèmes sont progressifs et comportent des déductions. Pour CHF 100'000, la charge est nettement plus faible, et sous le seuil d'exonération de votre canton elle est nulle. Pour un chiffre exact, le calculateur d'impôts de l'AFC donne le montant selon votre commune, votre état civil et votre fortune.

Ce que l'impôt sur la fortune change pour un investisseur

On peut voir l'impôt sur la fortune comme des frais annuels supplémentaires, prélevés sur la valeur totale de votre épargne. Avec une charge de 0,5 %, il pèse autant que les frais annuels d'une solution de gestion en ligne. Trois conséquences pratiques :

  1. Il touche aussi l'argent qui ne rapporte rien. Un compte d'épargne à taux très bas est imposé comme un portefeuille d'actions. Laisser une grosse somme en liquidités « par prudence » a donc un coût certain, alors que le rendement espéré, lui, est faible.
  2. Il augmente avec le succès. Plus votre portefeuille progresse, plus l'impôt annuel grandit. Dans une simulation à long terme, il faut le déduire du rendement, comme le fait le bloc « Impôts et 3a » de votre résultat MonInvestissement.
  3. Les dettes se déduisent. L'impôt porte sur la fortune nette : une hypothèque, par exemple, réduit la base imposable. Rembourser une dette ou investir n'a donc pas le même effet fiscal selon votre situation.

Comment estimer votre propre cas en deux minutes

Le test MonInvestissement vous demande votre canton. Sur la page de résultat, le bloc « Impôts et 3a » part de la charge de votre chef-lieu (tableau ci-dessus) et vous laisse ajuster le taux avec un curseur. Il affiche alors, en francs :

  • l'impôt sur la fortune de la première année sur votre montant de départ ;
  • l'impôt cumulé sur toute la durée de votre placement, déduit du scénario central de la simulation ;
  • l'économie d'impôt sur le revenu liée au pilier 3a, si vous y avez droit.

Comme ces chiffres reposent sur des hypothèses (rendement, taux constant, situation familiale), ils servent à comparer des choix, pas à remplir votre déclaration. Pour une situation complexe (immeubles, entreprise, fortune importante), un fiduciaire ou un conseiller fiscal reste le bon interlocuteur.

À retenir

  • Pas d'impôt fédéral sur la fortune : ce sont les cantons et les communes qui l'appliquent.
  • En 2024, pour CHF 1'000'000, la charge allait d'environ 0,38 % à Delémont à 0,68 % à Neuchâtel (AFC).
  • Il s'ajoute chaque année à vos frais : comparez toujours un placement frais et impôts déduits.
  • Les plus-values privées ne sont pas imposées, mais la valeur de vos titres et leurs revenus le sont.

Article d'information générale, sans conseil fiscal personnalisé. Taux relevés le 5 novembre 2026 ; ils changent chaque année. Pour comparer aussi les frais de gestion, lisez notre guide robo-advisor ou mandat bancaire.

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