Si vous lisez sur l'investissement, vous croiserez vite trois lettres : ETF. Pour beaucoup de débutants en Suisse, c'est la brique la plus simple pour construire un portefeuille diversifié. Voici ce que c'est, ce que cela coûte vraiment et comment l'utiliser, sans jargon.
Un ETF, c'est quoi ?
ETF signifie exchange-traded fund, en français « fonds négocié en bourse ». C'est un fonds de placement qui a deux particularités :
- il suit un indice : par exemple l'ensemble des grandes entreprises suisses, ou des milliers d'entreprises dans le monde. Il ne cherche pas à battre le marché, il cherche à le reproduire ;
- il est coté en bourse : vous l'achetez et le vendez comme une action, via une banque, un courtier ou une application.
Concrètement, acheter une part d'un ETF « actions monde », c'est détenir d'un coup un tout petit morceau de centaines ou de milliers d'entreprises. C'est la diversification la plus large possible pour quelques francs de frais.
Pourquoi les ETF plaisent aux débutants
1. La diversification immédiate
Le principal risque d'un débutant est de mettre tout son argent sur quelques entreprises. Si l'une d'elles s'effondre, la perte est lourde. Avec un ETF large, la défaillance d'une entreprise ne pèse que pour sa petite part dans l'indice.
2. Des frais bas
Un fonds géré activement paie une équipe pour choisir des titres. Un ETF indiciel se contente de suivre l'indice, ce qui coûte beaucoup moins cher. Les frais annuels d'un fonds sont résumés par son TER (total expense ratio), déduit directement de la valeur du fonds. Pour donner un ordre de grandeur, le gestionnaire en ligne True Wealth indique des coûts de produits (TER) d'environ 0,12 % par an pour les ETF qu'il utilise (True Wealth). Sur de longues durées, quelques dixièmes de pour cent font une grande différence : voir notre guide sur les frais.
3. La simplicité
Deux ou trois ETF peuvent suffire à construire un portefeuille complet : un ETF actions suisses, un ETF actions internationales, un ETF obligations en francs. C'est exactement la logique des portefeuilles types de MonInvestissement : des briques larges, combinées selon votre profil.
Les principaux types d'ETF
- ETF actions suisses : suivent un indice du marché suisse. Pas de risque de change pour un investisseur en francs.
- ETF actions internationales : suivent un indice mondial ou régional. Risque de change (dollar, euro…), sauf version « couverte » contre le franc, qui a un coût.
- ETF obligataires : détiennent des obligations, par exemple de la Confédération, des cantons ou d'entreprises. Moins volatils que les actions, mais pas sans risque : ils baissent quand les taux montent.
- ETF immobiliers : investissent dans des fonds ou sociétés immobilières cotés.
- ETF ou ETP sur l'or : suivent le prix de l'or, souvent adossés à de l'or physique.
- ETF « durables » (ESG) : versions qui excluent certains secteurs ou privilégient les entreprises mieux notées sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Les règles varient beaucoup d'un fournisseur à l'autre : lisez la fiche du produit.
Capitalisant ou distribuant ?
Un ETF distribuant vous verse les dividendes reçus ; un ETF capitalisant les réinvestit automatiquement. Pour la fiscalité suisse, ne supposez pas qu'un ETF capitalisant échappe à l'impôt sur le revenu : des revenus réinvestis peuvent aussi être imposables selon le fonds ; le relevé fiscal de votre banque ou l'administration fiscale de votre canton vous l'indique. Pour un ETF de droit suisse qui distribue des dividendes d'entreprises suisses, l'impôt anticipé de 35 % est retenu à la source ; il vous est remboursé si vous êtes domicilié en Suisse et déclarez correctement ces revenus et la fortune correspondante (AFC). Notre guide sur la fiscalité des placements détaille ces règles.
Ce que coûte réellement un ETF
Quatre types de frais s'additionnent :
- Le TER, prélevé chaque année dans le fonds.
- Le courtage, payé à chaque achat ou vente. Il dépend de la plateforme : un montant fixe par palier chez certains courtiers, un pourcentage chez d'autres. Par exemple, Yuh facture 0,50 % jusqu'à CHF 10'000 par transaction, mais ses ordres d'achat récurrents sur les ETF éligibles sont gratuits (Yuh) ; neon facture 0,5 % pour tous les ETF (neon).
- Le droit de timbre fédéral de négociation : 1,5 ‰ pour les titres suisses et 3 ‰ pour les titres étrangers, lorsqu'un commerçant suisse de titres intervient (AFC). Il se partage en principe par moitié entre les parties, soit 0,075 % ou 0,15 % pour vous (AFC, documentation fiscale). Un ETF domicilié à l'étranger est un titre étranger.
- Le change, si vous achetez un ETF coté en dollars ou en euros avec des francs.
Ajoutez éventuellement des droits de garde annuels selon la plateforme. Le comparatif MonInvestissement estime le total de la première année pour vos montants.
Comment acheter un ETF depuis la Suisse
- Ouvrir un compte-titres auprès d'une banque, d'un courtier en ligne ou d'une application.
- Choisir l'ETF correspondant à la brique voulue (actions suisses, monde, obligations…). Comparez l'indice suivi, le TER, la devise de cotation et le domicile du fonds. Lisez sa feuille d'information de base.
- Passer l'ordre pendant les heures de bourse, de préférence avec une limite de prix pour éviter les mauvaises surprises.
- Ou automatiser avec un plan d'épargne mensuel, si votre plateforme le propose.
Vos parts d'ETF sont des titres en dépôt : en cas de faillite de la banque, ils restent votre propriété et vous sont restitués (esisuisse). Cela ne vous protège évidemment pas d'une baisse des marchés.
Les limites à connaître
- Un ETF suit son marché, y compris vers le bas. Un ETF actions peut perdre un tiers de sa valeur en une mauvaise année.
- Tous les ETF ne sont pas larges. Un ETF sur un thème à la mode (un secteur, une technologie) est beaucoup plus concentré et risqué qu'un ETF mondial.
- Le risque de change existe pour les actions étrangères : une baisse du dollar face au franc réduit votre performance en francs.
- L'or ne rapporte rien en soi : selon le Yearbook UBS 2026, son prix réel en dollars a progressé d'environ 1,3 % par an depuis 1900, avec de fortes variations (UBS).
En pratique : combien d'ETF ?
Pour la plupart des personnes qui débutent, deux à quatre ETF larges suffisent. Ce qui compte bien plus que le choix exact du produit, c'est la répartition entre actions et obligations, adaptée à votre horizon et à votre tolérance aux baisses, et la discipline de garder le cap pendant des années.
Cet article est une information générale. Il ne constitue pas une recommandation d'achat d'un ETF ou d'un fonds en particulier.
Et vous, lequel êtes-vous ?
Faites le test d'investisseur (3 minutes) : votre type parmi 8, votre niveau de risque, un portefeuille type pour un profil comme le vôtre, ce qu'il coûterait en Suisse et vers qui aller. Gratuit, sans inscription.